La grève des scénaristes américain.es dure depuis 70 jours et grande nouvelle : les acteur.ices s’y mettent aussi.

Le SAG-AFTRA (Guilde des acteur.ices *Screen Actors Guild‐American Federation of Television and Radio Artists) représente 160 000 acteurs et actrices, et leur entrée en grève risque de paralyser complètement les tournages à venir.
L’AMPTP (l’association des producteur.ices aux États Unis *Alliance of Motion Picture and Television Producers) partait plutôt confiante et pourtant les acteur.ices se sont bel et bien déclaré.es en grève ce jeudi 13 juillet. C’est la première fois depuis 63 ans que deux des plus gros syndicats américains de l’audiovisuel se mettent en grève en même temps. Après la WGA (Guilde des scénaristes *Writers Guild of America), c’est le SAG-AFTRA qui met fin aux négociations avec les producteur.ices.
Les scénaristes de la WGA sont en grève depuis le 1er mai. En jeu : une hausse de leurs salaires, de meilleurs droits résiduels sur le streaming et un meilleur encadrement des IA. Et aujourd’hui, les acteur.ices leur emboîtent le pas, pour des raisons très similaires.
Revenons-en à la déclaration de jeudi. Les acteur.ices du SAG-AFTRA se disaient prêt.es à entrer en grève depuis le 5 juin à 98% si les négociations échouaient. Une lettre signée par plus de 300 personnalités (Meryl Streep, Rami Malek, Ben stiller…) est venue appuyer cette mise en garde, encourageant leur syndicat à ne rien céder aux producteur.ices.
Historiquement, SAG-AFTRA n’est pas le syndicat le plus vindicatif. La dernière grève des acteur.ices, qui concernait l’essor de la location, date de 1980. D’où le manque d’inquiétude des studios au début des négociations. Mais le 13 juillet et après avoir dénoncé des propositions « inacceptables » de la part des producteur.ices, le SAG-AFTRA à déclaré avoir voté à l’unanimité leur entrée en grève.
Comme les scénaristes, les acteurs et actrices protestent contre la précarisation de leur métier et disent se battre pour des conditions de vie « décentes ». I.els revendiquent de meilleurs salaires et surtout de meilleurs droits résiduels sur le streaming, comme les scénaristes. I.els réclament également plus de transparence de la part des studios sur la gestion de ces droits, et tout ce qui concerne de près ou de loin les plate-formes.
Autre point de négociation : la mise en place d’une protection juridique face aux IA. Il est par exemple aujourd’hui possible de cloner la voix d’une acteur.ice et de l’utiliser sans son consentement dans n’importe quelle production, aucune loi ne l’empêche. Et c’est le cas pour beaucoup de pratiques liées à l’Intelligence Artificielle.
Des points qui sont très semblables donc à ceux soulevés par les scénaristes et qui reflètent les révolutions technologiques récentes de l’industrie, son évolution depuis la pandémie et l’essor avance rapide du streaming.
De leur côté, les producteur.ices dénoncent de trop grandes exigences de la part du syndicat et des demandes « irréalistes ». I.els affirment avoir proposé entre autres des revalorisations de salaire suffisantes, voir historiques, et une discussion ouverte autour des IA. I.els estiment être eux-même en situation de précarité face aux changements rapides récents et accuse les syndicats de les attaquer dans une période qui fragilise l’ensemble de l’industrie.
Alors maintenant concrètement quelles sont les conséquences de cette nouvelle grève ? Et bien son impact est très lourd.
Le SAG-AFTRA a donné un ensemble de consignes très précises à ses acteur.ices : plus de tournage, mais aussi plus de doublage, de figuration, d’essai costumes et maquillages… tout ce qui entoure les projets audiovisuels est mis à l’arrêt. Entre autres choses les acteur.ices sont également invité.es à boycotter toute activité promotionnelle, que ce soit une émission, une pub, une bande annonce, un podcast, quoi que ce soit qui implique les réseaux sociaux… Et surtout les gros évènements officiels.
Le cast d’Oppenheimer à ainsi déserté la première du film qui se tenait à Londres juste avant sa projection. La prochaine est censée se tenir à New York, sans tapis rouge et sans stars, ce qui sera le cas pour la plupart des autres premières, ça, ou l’annulation. Plusieurs festivals sont mis en péril comme celui de Venise, de Telluride ou de Toronto, ou encore des conventions comme la Comicon. On parle également de reporter les Emmy Award du 18 septembre à janvier 2024.
La télévision sera elle aussi beaucoup affectée par la grève, avec comme risque la mise en pause de séries qui sont tournées petit à petit, comme Grey’s anatomy, et l’annulation d’émissions tout ou en partie scriptées, comme par exemple certaines Télé-réalités. Voilà pour les conséquences les plus rapidement visibles. Pour le reste, beaucoup de séries et de films devraient être mis définitivement en pause, comme c’est déjà le cas pour The last of us II, Lilo&Stitch, Stranger Things, Deadpool 3… Pour l’instant aucune annulation n’est prévue.
Les négociations pourraient ne reprendre qu’à l’automne, et l’industrie faire face à la perte de plusieurs millions de dollars. En résumé le rapport de force s’est clairement durci entre l’union syndicale et l’AMPTP, avec ce rassemblement historique du WGA et du STAG-AFTRA.
Lou Montesino





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